Biographie de Georges Hourdin

Journaliste, éditeur et homme engagé, il a consacré sa vie à faire dialoguer foi, justice sociale et liberté de pensée.

Jeunesse et premiers engagements

Georges Hourdin est né à Nantes le 3 janvier 1899. Son père était marchand de bois et socialiste, sa mère royaliste. L’un et l’autre lui apprirent le goût du travail et l’idée que la liberté est le plus grand bien.Il se destinait à être officier de marine lorsqu’à 17 ans la maladie brisa son rêve.

Pendant les sept années qui l’éloignent de toute activité physique, il dévore les livres et s’intéresse passionnément à la politique. En ce domaine, ses préférences vont vers ceux qui luttent contre les injustices sociales, qui s’opposent à toutes les dictatures de l’esprit, à toutes les scléroses cléricales et nationalistes.

Aussi quand, à 25 ans, il reprend une vie active et obtient la licence en droit, il s’inscrit au Parti Démocrate Populaire et, devient, en 1927, secrétaire général du Petit Démocrate, journal du parti, où il découvre les rapports entre la foi et la politique. Il écrit régulièrement des articles dans L’Aube et dans La Vie Catholique, journaux créés par Francisque Gay.

La liberté est le plus grand bien. Conviction transmise par ses parents, que Georges Hourdin portera toute sa vie

Le temps des grandes rencontres

En 1937, Georges Hourdin est l’instigateur de la fusion de La Vie Catholique avec Temps Présent, hebdomadaire qui prit la suite de Sept lancé, en 1934, par les Dominicains du couvent de Juvisy, notamment les pères Bernadot et Boisselot.

Les années de 1926 à 1940 sont décisives dans la vie de Georges Hourdin, tant par les amitiés rencontrées, Francisque Gay, Paul Flamand (fondateur des éditions du Seuil), François Mauriac, Robert Buron, Maurice Schumann, Georges Bidault et autres, que par son activité journalistique qui met à nu sa double et inséparable passion : celle des hommes et celle du monde qui bouge et se construit.

La grande aventure de La Vie

Durant la guerre de 40, il cesse toute activité journalistique. Il travaille à la  Maison de la Famille où ses activités se concentrent sur la situation des femmes et sur l’avenir de la famille. Avec Joseph Folliet, Ella Sauvageot, le père Boisselot, il songe au lancement d’un magazine illustré populaire.

Le 8 juillet 1945, paraît le premier numéro de La Vie Catholique Illustrée, hebdomadaire en héliogravure, un journal construit autour de cinq caractéristiques : populaire, familial, moderne, d’intérêt général et chrétien. Le succès est immédiat. Dix ans plus tard, son tirage sera de 600 000 exemplaires.

Une partie de l’équipe fondatrice de La Vie dont André Voisin, Joseph Folliet, Ella Sauvageot et Georges Hourdin

Au début des années 1960, la J.E.C. (Jeunesse Étudiante Chrétienne) songe à un journal où le politique tiendrait une grande place, ce qui n’est pas dans la ligne de pensée des autorités catholiques de l’époque. La J.E.C. se tourne vers Georges Hourdin qui accueille le projet avec enthousiasme.

Le premier numéro du Cri des Étudiants sort en 1962, deux mois avant l'indépendance de l'Algérie. Les prises de position du journal sur cette question, acquises à cette indépendance, et sur les problèmes de société précurseurs de la révolte étudiante de 1968, n'entraînent pas une adhésion suffisante, le journal cesse de paraître en 1965. 

Georges Hourdin conserve la volonté de faire paraître un journal d'actualité destiné à un public de cadres chrétiens ou non, de syndicalistes et de politiques. Le premier numéro du journal Le Cri du Monde paraît en 1966. La vente de 25 000 exemplaires n'est pas suffisante pour en assurer la pérennité.  

Un journaliste passionné et engagé jusqu’au bout

Georges Hourdin et Michel Houssin, actionnaires et dirigeants du groupe en discussion avec Michel Rocard (1990)

Georges Hourdin, grand journaliste, a été un témoin et un acteur passionné du XXe siècle. Dans un siècle riche en bouleversements de toutes sortes, il n'a eu de cesse, durant 70 ans, d'en expliquer les enjeux à ses lecteurs. 

Georges Hourdin fut Président Directeur Général du Groupe des Publications de la Vie Catholique de 1963 à 1974, année où il prit sa retraite et où Michel Houssin lui succèda. Il resta, néanmoins, très actif. Il fut directeur de Croissance des Jeunes Nations jusqu'en 1982. Il continua d'écrire un article par semaine dans La Vie jusqu'en 1992. Il fut un membre actif de France terre d'asile. 

Parallèlement aux journaux créés, Georges Hourdin écrit de nombreux articles dans Le Monde et L'Express. Il adhère en 1945 au M.R.P. dont il fut membre de la « Commission Exécutive » pendant de nombreuses années. Il publia une trentaine de livres sur des thèmes d'actualité ou des personnalités dont la vie et l'œuvre se trouvaient en résonance avec l'époque. Son dernier ouvrage est sorti en 1999, année de ses cent ans. 

Bibliographie sélective

Auteur d’une trentaine d’ouvrages, Georges Hourdin a exploré la foi, la politique, la société et les grandes figures intellectuelles de son siècle :

  • Mauriac, romancier chrétien (1944)
  • La Presse catholique (1957, Fayard)
  • Camus le Juste (1960, Le Cerf)
  • Pour une civilisation des loisirs (1961, Calmann-Lévy)
  • Dieu en liberté (1973, Stock)
  • Le Malheur innocent (1976, Stock)
  • Lamennais, prophète et combattant de la liberté (1982, Perrin)
  • Dieu m’a eu… mais je me débats encore (1992, Desclée de Brouwer)
  • Le vieil homme et l’église (1997, Desclée de Brouwer)
  • Le vieil homme et la vie (1999, Desclée de Brouwer)